Histoire de la Ligue 1

Créé en 1932, le championnat de France de football (Ligue 1) continue d’écrire son Histoire depuis près de cent ans. Retour sur cette dernière depuis l’impulsion du statut professionnel en passant par les grandes équipes qui ont fait la renommée de l’élite du ballon rond français.

Championnat de France de Ligue 1 : Une Histoire avec un grand « H »

Retrouvez les chiffres marquants sur la Ligue 1 (meilleur buteur, club le plus titré, entraîneur le plus capé…).

Des débuts hésitants

Si la professionnalisation du football remonte à 1885 en Angleterre, l’élite sociale européenne ne reconnaît alors encore que l’amateurisme. Cependant, ce dernier est qualifié de « marron », signifiant ici une rémunération illégale des sportifs bien qu’ils ne soient pas considérés comme professionnels (car ce refus de statut touche également les autres sports dits « majeurs »). Lorsqu’un club tente d’attirer un joueur vers lui, on parle ainsi de « racolage ».

En 1930, le développement de cette pratique oblige finalement la Fédération Française de Football (FFF), par un vote du Conseil national, à accélérer le processus de professionnalisation de ce sport (128 voix pour/20 voix contre/1 abstention – celle de Jules Rimet, le Président). C’est ainsi que sa mise en application survient le 1er juillet 1932 et que la première édition d’un championnat national professionnel voit le jour en 1932-1933. Cependant, trois conditions sont à respecter pour obtenir ce nouveau statut :

  • Être reconnu sur le plan sportif par ses résultats passés
  • Pouvoir équilibrer les finances de son club
  • Compter au minimum 8 joueurs sous contrat professionnel

En France, deux visions semblent s’opposer : si la majorité des clubs de la Ligue du Sud-est se montrent totalement favorables à la mise en place de ce championnat, ceux de la Ligue du Nord y sont plus hostiles. Le président de l’Olympique lillois redoute notamment que cette Ligue, qu’il dirige également, ne soit reléguée au rang de deuxième division. Il s’y contraint finalement en raison du départ de nombre de ses joueurs désirant obtenir le statut professionnel.

Premier format du championnat de France de football

20 clubs, divisés en deux poules de dix équipes, disputent donc la première édition du championnat de France. Au terme d’une phase sous la forme de matchs « aller/retour », les deux équipes ayant terminées à la première place de leur tableau respectif s’affrontent finalement pour que le titre puisse être attribué.  Ainsi, l’Olympique lillois et l’Olympique d’Antibes se qualifient pour la première finale de championnat. Cependant, le club azuréen, empêtré dans une affaire de corruption, se voit déclassé et c’est son dauphin, l’AS Cannes, qui hérite de sa place de leader. Dans une explication terminale riche en but (4-3), les nordistes s’offrent donc le premier titre de champion de France de l’Histoire.

Concernant le bas du classement, les trois équipes ayant terminées aux dernières places de chaque tableau sont reléguées dans une Deuxième division créée pour l’occasion. Les saisons précédant la Seconde Guerre mondiale permettent au championnat de stabiliser son format à 16 équipes, de voir le niveau de jeu général se développer et d’attirer des joueurs britanniques et d’Europe centrale.

Ainsi, le FC Sète devient le premier club de l’Histoire à réussir le doublé Championnat – Coupe de France à l’issue de la saison 1933-1934 et le FC Sochaux est, pour sa part, la première équipe à remporter la Première division à deux reprises (1934-1935 et 1937-1938).

Poule A Poule B
Club Français AS Cannes
Excelsior AC CA Paris
FC Mulhouse FC Metz
FC Sète FC Sochaux
Hyères FC Olympique Alès
OGC Nice Olympique d’Antibes
Olympique lillois Red Star Olympique
Olympique de Marseille SC Fives
RC Paris SO Montpellier
SC Nîmes Stade Rennais UC
Les 20 équipes participantes à la première saison professionnelle de football en France

Le football pendant la guerre

Lors du conflit mondial, des « Championnats de guerre » réglementés sont mis en place. Par décret, les titres ne figurent pas au palmarès des différents clubs. En effet, le championnat a été faussé par l’arrêt d’activité de nombreuses équipes et par différentes phases :

  • 1938-1939 : Pas de relégation
  • 1939-1940 : « Championnat national » avec trois groupes géographiques
  • 1941-1942/1942-1943 : Championnats par « zone d’occupation »
  • 1943-1944 : « Championnat fédéral » durant lequel tous les matchs ne sont pas joués
  • 1944-1955 : Dernier championnat considéré « de guerre »

L’après-guerre

Après la Libération, la refonte de la Division 1 est un sujet principal. Des clubs ont fusionné (l’Olympique lillois et le SC Fivois deviennent le Lille OSC) et le championnat passe de 16 à 18 équipes permettant ainsi d’en promouvoir de nouvelles telles que le Lyon OU, les Girondins de Bordeaux ou encore le Stade de Reims. Lille devient ainsi le premier vainqueur d’un championnat « après-guerre » et l’OGC Nice, la première équipe à conserver son titre deux saisons consécutives (1950-1951/1951-1952).

La décennie suivante est dominée par le Stade de Reims qui remporte notamment le championnat à cinq reprises entre 1952 et 1962. Adoptant une politique de recrutement de jeunes joueurs d’avenir mais aussi de formation, porté par des joueurs tels que Raymond Kopa, Robert Joncquet ou Just Fontaine et sublimé par le génie tactique d’Albert Batteux, Reims s’impose comme la première équipe vedette du championnat de France. Sur la scène continentale, les Rémois s’imposent face à l’AC Milan pour remporter la Coupe latine en 1953 et atteignent la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions à deux reprises (en 1956 et 1959).

Au terme de la saison 1962-1963, le départ à la retraite de Just Fontaine combiné à l’éviction d’Albert Batteux marquent la fin d’une domination champenoise longue de 10 ans.

1963 – 1983 : Une domination en jaune et vert

Alors que le Stade de Reims, le RC Paris et l’OGC Nice sont relégués en deuxième division, Saint-Étienne devient le club dominant du championnat de France. Alors que les Verts n’avaient remporté qu’un titre de champion en 30 ans (1956-1957), ils en décrochent neuf entre 1963 et 1981. Il est notamment intéressant de noter qu’en 1967, Albert Batteux, ex-entraîneur de Reims, succède à Jean Snella à la tête de l’équipe du Forez. Lors de cette saison, il remporte le championnat et confirme en 1968, réussissant le doublé Coupe de France – Championnat, succès inédit pour l’ASSE.

L’apogée de la domination stéphanoise survient cependant à l’occasion des saisons 1974-1975 et 1975-1976. En 1975, l’équipe remporte le championnat de France, la Coupe de France et connaît sa première épopée européenne. Éliminant successivement le Sporting Portugal (3-1), le Hajduk Split (5-6) et le Ruch Chorzów (3-4), ils chutent malheureusement en demi-finale face au Bayern Munich (0-2). L’année suivante, plus expérimentés, ils décrochent leur troisième titre national d’affilée et réalisent un parcours européen encore aujourd’hui gravé dans la mémoire collective. En Coupe des clubs champions européens, ils surclassent le KB Copenhague (1-5), les Rangers (4-1), le Dynamo Kiev (2-3) et le PSV Eindhoven (1-0). En finale, les coéquipiers de Dominique Rocheteau ont l’occasion de prendre leur revanche sur le Bayern Munich mais échouent finalement, Franz Roth inscrivant le seul but de la rencontre à la 57ème minute.

Quand Saint-Etienne ne gagne pas le championnat, une autre équipe se l’octroie régulièrement : le FC Nantes. En effet, durant cette période longue de vingt années, les Canaris soulèvent le titre à six reprises. Leur dernier titre en 1983 résonne comme la fin de la domination stéphano-nantaise qui aura duré de nombreuses années.

1983-1993 : Le bleu et le blanc

Si le milieu des années 80 voit les Girondins de Bordeaux devenir la meilleure équipe du championnat (ils remportent 3 titres en 4 saisons entre 1983 et 1987), c’est ensuite l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie qui se positionne comme l’étoile montante de l’Hexagone. Entre 1988 et 1992, les olympiens dominent outrageusement le championnat de France et remportent 4 titres consécutifs. En Europe, leurs performances croissantes se concrétisent en 1993 lorsqu’ils remportent la Ligue des Champions face à l’AC Milan (1-0). Cependant, cette victoire est entachée par l’affaire de corruption « VA-OM » qui conduira la FFF à suspendre l’attribution du titre de champion de France aux azuréens.

La décennie des « nineties »

Après ces périodes de domination des grosses équipes françaises, la fin du siècle offre un championnat plus ouvert qui voit six différentes équipes être sacrées. Durant cette décennie, de nombreux grands joueurs foulent les pelouses hexagonales : Raí (PSG), Claude Makelele (FC Nantes), Thierry Henry (AS Monaco) ou encore Robert Pirès (OM). À l’occasion de la dernière saison des années 1900, l’AS Monaco soulève son septième titre de champion de France, comptant notamment Fabien Barthez, Ludovic Giuly et Marco Simone dans son effectif.

2002-2008 : Lyon reçu 7 sur 7

C’est encore aujourd’hui la plus longue série en cours de notre championnat. Entre les saisons 2001/2002 et 2007/2008, le club rhodanien remporte 7 titres de champion de France d’affilée et se positionne comme une des meilleures équipes d’Europe. Cette domination n’est cependant pas récompensée sur la scène continentale, les lyonnais échouant toujours dans leur quête de Ligue des Champions.

2011 – 2021 : L’hégémonie parisienne

Quatre champions différents se succèdent entre 2008 et 2012. Lille en profite pour remporter son premier championnat depuis 1954 (2011) et Montpellier s’adjuge le premier titre de son Histoire (2012). En 2011, le fond d’investissement Qatar Investment Authority (QSI) rachète le Paris Saint-Germain et lui permet de franchir un nouveau palier. Durant la saison 2012-2013, les franciliens remportent le titre de champion (qui leur échappait depuis dix-neuf ans) et Zlatan Ibrahimovic inscrit 30 buts, une performance inédite depuis Jean-Pierre Papin (1989/1990).

Depuis, le club de la capitale a remporté 7 des 9 derniers championnats, gravant quelques records de l’Histoire de la Ligue 1 tels que celui du plus grand nombre de points (96 en 2015/2016) ou encore de la meilleure défense (19 buts encaissées en 2015/2016). Lors de cette saison 2015/2016, le club parisien devient le premier de l’Histoire à réaliser le quadruplé (Coupe de la Ligue-Ligue 1-Coupe de France-Trophée des Champions), performance qu’ils réitéreront l’année suivante.

Lors de la saison 2016-2017, l’AS Monaco soulève le trophée de champion et met fin à la série parisienne.

Le club de la capitale continue de se renforcer l’année suivante, enregistrant les arrivées, pour des sommes records, de Neymar Jr (220 millions d’euros) en provenance du FC Barcelone et de Kylian Mbappé (180 millions), champion en titre avec les monégasques. Le PSG retrouve son titre et le confirme en 2019/2020 malgré l’arrêt du championnat pour cause de COVID-19.

Un grain de poussière dans la machine

La saison 2020/2021 est notamment marquée par une course au titre extrêmement serrée. À une journée de la fin, quatre équipes se tenaient en effet à 4 points d’écart : Lille (80), Paris SG (79), Monaco (77) et Lyon (76). Dans un sprint final effréné, les lillois déjouent les pronostics, profitant des huit défaites de l’habituel champion, pour s’offrir le quatrième titre de champions de Ligue 1 de leur Histoire.

2021 -2022 : Un Paris galactique

Après la déconvenue de la saison précédente, le Paris Saint-Germain réalise un mercato estival à la hauteur de ses ambitions. En effet, dans le but de retrouver son trône et d’enfin soulever une Ligue des Champions, les dirigeants du club de la capitale décident de frapper fort en recrutant Sergio Ramos (Real Madrid), Gianluigi Donnarumma (AC Milan), Achraf Hakimi (Inter Milan), Georginio Wijnaldum (Liverpool FC) mais surtout Lionel Messi (FC Barcelone), que le Barça n’est pas parvenu à conserver en raison de problèmes financiers. Une nouvelle ère s’ouvre à Paris et le but est clair : tout emporter sur son passage.