Histoire de l’Olympique de Marseille

Fondé en 1899, l’OM est certainement le club le plus populaire de France. Au début de la saison 2021-2022, l’Olympique de Marseille est le club comptant le plus de participations au championnat de première division nationale (72).

1899 – 1914 : La naissance du club de football de l’OM

C’est en septembre 1899 que naît officiellement le club de l’Olympique de Marseille alors présidé par son fondateur, René Dufaure de Montmirail. Quelques mois plus tard, le 21 janvier 1900, l’OM dispute le premier match de son histoire contre US Phocéenne (défaite 0-3). Pour sa première participation à une compétition officielle, le championnat du Littoral, le club domine le classement et s’impose comme le stade principal de la cité phocéenne. Le club évolue alors au stade de l’Huveaune et, en 1903, participe au Championnat de France de football USFSA pour la première fois.

Lors de la saison 1904-1905, le club fusionne avec un autre club marseillais, le Stade Étoile Bleue, et devient l’Olympique Étoile Bleu (OEB). Il redevient cependant l’Olympique de Marseille dès la saison suivante. Dominant sur la scène régionale en remportant le championnat du littoral à plusieurs reprises, l’OM ne parvient cependant pas à dominer le championnat de France. C’est d’ailleurs un autre club, le Stade helvétique de Marseille, qui devient le premier club de la ville à remporter le championnat national.

1920 – 1930 : Affirmation de l’Olympique de Mareille sur la scène nationale

Marino Dallaporta devient président du club phocéen en 1921 et adopte une politique de recrutement de vedettes. C’est ainsi qu’il engage Édouard Crut et Jean Boyer pour la saison 1923-1924. Cette même saison, l’OM s’adjuge la Coupe de France, puis la gagne de nouveau en 1926 et en 1927. Le club enchaîne en remportant le championnat de France en 1929, alors encore amateur. En 1927, Joseph Alcazar est recruté pour remplacer Édouard Crut et il devient le premier joueur venu d’Afrique du Nord à porter les couleurs de Marseille. Avec 67 buts en 95 matchs, il est considéré par beaucoup comme étant le premier véritable “personnage” de l’OM.

1930 – 1940 : Âge d’or et professionnalisation du football

Le football français entre dans une nouvelle ère avec la professionnalisation de son championnat national en 1932. L’OM fait partie des clubs qui disputent la première saison de D1 et termine à la deuxième place de sa poule derrière l’Olympique lillois, futur champion de France. La deuxième moitié des années 1930 est prolifique pour l’Olympique de Marseille puisque le club remporte deux Coupe de France (1935 et 1938) et remporte son premier Championnat de France en 1937. Ajoutées à cela, deux places de vice-champion de France en 1938 et en 1939.

Il est également à noter que le club inaugure son nouvel antre, le Stade Vélodrome, alors pourvu de 35.000 places, à l’occasion d’une victoire face au club italien du Torino FC (2-1) le 13 juin 1937.

1940 – 1950 : l’OM à l’heure de la Seconde Guerre mondiale

Au début du second conflit mondial, le Stade Vélodrome est réquisitionné par l’armée allemande, contraignant ainsi le club phocéen à retourner jouer au stade de l’Huveaune. En 1941, alors que se déroule le championnat de France de la zone libre, l’OM est sacré champion mais son titre n’est aujourd’hui pas comptabilisé au palmarès du club olympien. Lors de la saison 1942-1943, le club remporte également la Coupe de France pour la sixième fois de son histoire (4 buts à 0 face à Bordeaux). Lors de l’exercice 1943-1944, le régime de Vichy met en place des équipes fédérales qui remplacent les clubs traditionnels (ces derniers disparaîtront cependant à la Libération en 1945). En 1948, l’OM retrouve le goût de la victoire en remportant le championnat de France, 11 ans après son dernier titre.

1950 – 1959 : Descente dans l’antichambre du football français

Au début des années 1950, l’Olympique de Marseille échappe de peu à la relégation, notamment sauvé par son buteur suédois Gunnar Andersson, meilleur buteur de l’histoire du club. Le club est finalement relégué en deuxième division en 1959 après avoir flirté avec la descente l’année précédente. L’OM retrouve l’élite en 1962 mais connaît mais retourne aussitôt en Division 2 en 1963.

Cette même année, les Phocéens découvrent l’Europe par le biais de la Coupe des villes de foires mais sont éliminés dès le premier tour par l’Union Saint-Gilloise.

1965 – 1972 : OM, la tête à la reconquête

En 1965, Marcel Leclerc, chef d’entreprise marseillais, décide de racheter le club qui végète alors en seconde division. Choix payant puisque le club retrouve l’élite dès 1966 et remporte une septième Coupe de France en 1969. En 1971, l’OM devient même champion de France, porté par son duo offensif Skoblar – Magnusson, et se qualifie ainsi pour la première Coupe d’Europe des clubs champions de son histoire. Lors de la saison 1971-1972, le club réalise même le doublé championnat – Coupe de France. Pour l’anecdote, la finale de la Coupe se déroule dans le tout nouveau Parc des Princes à Paris et y oppose donc l’OM au SEC Bastia. C’est ainsi que Didier Couécou (OM) devient le premier buteur du nouveau stade de la capitale. Sur la scène européenne, les marseillais peinent et ne parviennent pas encore à passer les premiers tours de la compétition. L’année 1972 marque la démission du président Leclerc, accusé de détournement de fonds.

1972 – 1980 : Entre succès et désillusions

Alors que le bilan de la saison 1973-1974 est très mauvais, Fernand Méric, riche exploitant de complexes cinématographiques, prend les rênes du club empêtrés dans des difficultés financières. Le club olympien s’attache les services du champion du monde brésilien Paulo César, puis de son compatriote Jairzinho. Grâce notamment à sa doublette auriverde, le club arrache la seconde place du classement de la saison 1974-1975 derrière le rival stéphanois. Malgré un mauvais classement lors de l’exercice suivant (9è du classement), l’OM remporte cependant une nouvelle et neuvième Coupe de France. La fin des années 1970 est compliquée pour le club marseillais qui ne parvient pas à s’extirper du ventre mou du championnat.

1980 – 1986 : l’Olympique de Marseille tombe…

Les Phocéens débutent les années 1980 en seconde division après leur relégation fin 1979. Pour ne rien arranger, le club se retrouve mis en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille en avril 1981. S’ensuit alors le départ de la plupart des joueurs professionnels, précipitant ainsi l’avènement des “Minots” (Éric Di Meco, José Anigo, Jean-Charles De Bono…) qui parviennent à éviter la relégation en 3ème division. En juin, Jean Carrieu devient président de l’OM et souhaite que les Olympiens retrouvent l’élite du football français. C’est chose faite à la fin de la saison 1983-1984. Malgré cette promotion, l’Olympique de Marseille ne parvient pas encore à retrouver les premières places du classement de première division.

1986 – 1993 : … pour mieux se relever

Bernard Tapie succède à Jean Carrieu à la présidence du club et, dès sa première saison, le club retrouve la deuxième place du classement porté par des recrutements ambitieux tels que Jean-Pierre Papin, Alain Giresse et Karl-Heinz Förster. Malgré une saison 1987-1988 moyenne et conclue par une sixième place au classement (et des arrivées d’Abedi Pelé et de Klauf Allofs), l’OM rallie les demi-finales de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Marseille retrouve le goût de la victoire en 1989 en remportant à la fois le championnat de France mais aussi la Coupe de France. En 1990, les Marseillais conservent leur titre de champion mais échouent une nouvelle fois aux portes de la finale en Coupe d’Europe des clubs champions. Bis repetita l’année suivante puisque l’OM conserve une nouvelle fois son titre et tombe cette fois en finale de la compétition européenne.

L’année 1992 est marquée par un nouveau titre de champion mais surtout par la catastrophe de Furiani survenue en mai et provoquant la mort de 18 supporters et la blessure de plus de 2000 autres. Lors du mercato estival de cette même année, “JPP”,  Carlos Mozer et Chris Waddle (recrutés en 1989) quittent le club et sont remplacés par Marcel Desailly, Alen Boksić et Rudolf Völler. Au terme d’une saison couronnée par un cinquième titre consécutif en première division, l’Olympique de Marseille devient le premier club français à remporter une Ligue des Champions. La victoire 1 but à 0 (grâce à un coup de tête de Basile Boli) en finale face à l’AC Milan signe l’apothéose de l’ère Tapie et de l’Histoire du club phocéen.

Les compositions de l’AC Milan et de l’Olympique de Marseille lors de la finale de la C1 en 1993

OM : Barthez ; Eydelie – Angloma – Boli – Desailly – Di Meco ; Deschamps – Sauzée ; Pelé – Völler – Boksic

AC Milan : Rossi ; Tassotti – Costacurta – Baresi – Maldini ; Donadoni – Rijkaard – Albertini –  Lentini ; Van Basten – Massaro

1993 – 1995 : L’engrenage de l’affaire VA-OM

Quatre jours avant la finale de la C1 prévue le 26 mai 1993, le club de l’US Valenciennes-Anzin témoigne d’une tentative de corruption de la part d’un dirigeant de l’OM. Le but ? Que les joueurs marseillais arrivent frais et sans blessure pour disputer la finale de la Ligue des Champions. Le retentissement de cette affaire est tel que le titre de champion de France 93 leur est retiré et que la FIFA exclut le club de toutes les compétitions européennes pour la saison 1993-1994, mais aussi de la Coupe internationale. Malgré ce climat délétère, les Phocéens terminent leur saison à la seconde place derrière le Paris Saint-Germain.

Cependant, en avril 1994, le conseil fédéral de la Ligue de football décide de rétrograder le club en deuxième division, tout en lui laissant la possibilité de disputer la Coupe UEFA 1994-1995. Le club traverse une crise durant laquelle le staff est chamboulé et conduit même Bernard Tapie à démissionner en décembre 1994. Malgré le titre de champion de D2, la DNCG empêche l’OM de retrouver la D1 en raison d’une dette à hauteur de 250 millions de francs. En 1995, le club, en redressement judiciaire, est à la fois repris par la ville de Marseille et par des partenaires privés. Le club remporte une nouvelle fois la deuxième division mais ses problèmes judiciaires l’empêchent une nouvelle fois de remonter dans l’élite. Il faut attendre la saison 1995-1996 pour que l’OM retrouve enfin une place en D1.

1999 – 2009 : Les débuts de l’ère “RLD” à l’OM

En 1996, Robert Louis-Dreyfus, homme d’affaires franco-suisse, est choisi pour racheter le club marseillais et en devient même président. Rolland Courbis est nommé entraîneur de l’OM et parvient notamment à atteindre la finale de la Coupe UEFA en 1999. Au début des années 2000, un climat tendu règne au sein du club : des rumeurs de pertes cachées apparaissent, des conflits internes surviennent et les supporters expriment leur colère. Le retour de Bernard Tapie en qualité de directeur sportif n’y change rien et l’ancien président du club s’en va dès 2002. Enchaînant les mauvais résultats sportifs et les problèmes internes au club, l’un des seuls points positifs de ce début de millénaire réside dans une finale de Coupe UEFA en 2004 (perdue 2-0 face à Valence).

En 2005, Pape Diouf accède à la présidence de l’OM, succédant ainsi à Christophe Bouchet, critiqué pour avoir vendu Didier Drogba à Chelsea. Cette même année, le club recrute des joueurs tels que Franck Ribéry, Lorik Cana et Mamadou Niang et remporte la Coupe Intertoto face au Deportivo La Corogne. En 2006, alors que l’OM doit se déplacer au Parc des Princes pour y affronter le PSG, le président Diouf décide d’y envoyer l’équipe de CFA 2 en signe de protestation contre la LFP, jugeant que le quota de places attribué aux supporters marseillais est insuffisant et que la sécurité n’est pas assurée. L’équipe de cinquième division réussit cependant l’exploit d’accrocher le club de la capitale (0-0) et de ramener un point inespéré.

Alors que les résultats sur les scènes nationales et européennes ne sont pas probants (malgré des podiums) et que les entraîneurs se succèdent (Jean Fernandez, Albert Emon, Eric Gerets, Didier Deschamps), Pape Diouf quitte la présidence du club le 17 juin 2009 en raisons de désaccords avec l’actionnaire principal, “RLD”, et de tensions avec le conseil de surveillance du club. Quelques jours plus tard, Jean-Claude Dassier le remplace.

2010 – 2016 : Ère Dassier et instabilité à l’Olympique de Marseille

En 2010, après 17 ans sans titre majeur, l’Olympique de Marseille remporte la Coupe de la Ligue et le championnat de France de Ligue 1. Durant la saison 2010-2011, le club remporte le Trophée des Champions face au Paris Saint-Germain, conserve la Coupe de la Ligue et termine vice-champion de France derrière le LOSC de Rudi Garcia et Eden Hazard. En juillet 2011, le club olympien remporte encore le Trophée des Champions au terme d’un match fou face au champion lillois (5-4). Compliquée sur le plan national avec notamment une dixième place en championnat et une élimination face à l’US Quevilly en Coupe de France, l’OM retrouve cependant les quarts de finale de la Ligue des Champions (élimination face au Bayern Munich), ce qui ne lui était plus arrivé depuis 21 ans et remporte, pour la troisième fois consécutive, la Coupe de la Ligue. À partir de la saison 2012-2013, les entraîneurs se succèdent (Élie Baup, José, Anigo, Marcelo Bielsa, Michel, Franck Passi) pour tenter de faire renouer l’OM avec la victoire, en vain. À l’intersaison 2016, le président du club, Vincent Labrune, cède sa place à Giovanni Ciccolunghi.

2016 – 2021 : Passage de l’OM sous pavillon américain

Le mois d’octobre 2016 est celui du renouveau à l’OM. En effet, le club est vendu à l’homme d’affaires américain, Franck Mc Court contre un chèque avoisinant la somme de 45 millions d’euros. Il nomme Jacques-Henri Eyraud au poste de président et Rudi Garcia à celui d’entraîneur. L’ “OM Champions Project” débute. La première saison se conclut sur une cinquième place en championnat mais est marquée par les défaites face aux cadors du championnat. En 2018, l’OM connaît une épopée en Europa League en rejoignant la finale face à l’Atlético Madrid (défaite 3-0) et termine à la quatrième place du championnat de Ligue 1. Au terme d’une saison 2018-2019 des plus fades, Rudi Garcia est débarqué et André Villas-Boas nommé pour le remplacer. Le mercato estival doit permettre à l’OM de combler son déficit de 91 millions d’euros et de nombreux cadres quittent la Cannebière (Rolando, Balotelli, Rami ou Luiz Gustavo). Lors de la saison suivante, l’Olympique de Marseille, à cause (ou grâce) à l’arrêt du championnat en conséquence de la crise de coronavirus, termine à la seconde place du championnat. Le directeur sportif Andoni Zubizarreta quitte le club et est remplacé par Pablo Longoria.

La saison 2020-2021 est tendue. L’OM, qui a retrouvé la Ligue des Champions, termine à la dernière place de son groupe sans avoir marqué le moindre but. André Villas-Boas est mis à pied après avoir déclaré qu’il souhaitait quitter son poste et Nasser Larguet, directeur du centre de formation, le remplace, en intérim. Ajouté à cela, la catastrophe Mediapro n’arrange pas les finances du club déjà perturbé par le mécontentement des supporters envers leur président. Ce dernier finit par être remplacé par Longoria qui, à seulement 34 ans, devient président de l’OM, le plus jeune depuis 1909. Il intronise l’argentin Jorge Sampaoli au poste d’entraîneur qui conclut sa première partie de saison à la cinquième place du classement, lui permettant de se qualifier pour la Ligue Europa 2021-2022.