Histoire de l’AS Saint-Étienne

Club historique de l’univers footballistique français, l’Association Sportive de Saint-Étienne, AS Saint-Étienne ou ASSE, a vu le jour en 1919. Recordman du nombre de championnats remportés, le club du Forez a connu son apogée au cours des années 1960 et 1970.

1919 – 1933 : Naissance d’un club historique, l’ASS

La ville de Saint-Étienne étant située dans une région industrielle, le club trouve ses origines parmi les travailleurs. En effet, le groupe Casino créé en 1912 l’”Amicale des employés de la Société des magasins Casino”. Reprenant la couleur verte de ses enseignes, elle s’inscrit dans une politique de corporatisme sportif.

La section football, réservée aux employées, ouvre en juillet 1919, quelques mois après la naissance de la Fédération française de football-association (FFFA). En mars 2020, sous l’impulsion d’Albert Jacquet (secrétaire général du groupe, l’AS Casino (le nom d’origine de cette section) devient l’Amical Sporting Club en raison de la règle imposée par la FFFA voulant qu’aucun club ne porte le nom d’une marque dans son appellation.

En 1927, Pierre Guichard, fils du fondateur du groupe Casino Geoffroy Guichard, devenu président du club, fait fusionner l’ASC avec le Stade forézien universitaire. L’Association sportive stéphanoise” (ASS) naît alors et conserve la couleur verte originelle.

Alors que le professionnalisme du football français survient en 1930, Pierre Guichard achète un terrain et y fait bâtir le stade Geoffroy-Guichard. Pas encore prêt, tant sur le plan sportif qu’administratif, l’ASS ne participe pas à la toute première saison professionnelle du championnat de France de football.

1993 – 1962 : l’AS Saint-Etienne s’affirme sur la scène nationale

Le 26 juin 1933, l’ASS devient “Association sportive de Saint-Étienne” et accède officiellement au statut professionnel après que le Sporting Club de Saint-Étienne, préféré par la fédération, n’ait pas pu présenter les garanties financières exigées.

Le club n’accède cependant pas directement à la première division, cette dernière étant complète. Il est alors inscrit dans le championnat inter-régional (ancêtre de la deuxième division). À l’occasion d’une rencontre face à La Bastidienne (Bordeaux) le 3 septembre 1933, l’ASSE dispute et remporte (2-3) son premier match. Deux semaines plus tard, face au FAC Nice (3-2), l’ASSE dispute son premier match à Geoffroy-Guichard. Cependant, l’abandon en cours de saison du club azuréen a pour conséquence que le premier match officiel reconnu dans le stade stéphanois est disputé le 1er octobre 1933 face à Béziers (1-0). C’est également à cette époque que les premiers derbys face au FC Lyon sont disputés et que le premier club de supporters stéphanois est créé.

La deuxième division devient une poule unique en 1934 et Pierre Guichard adopte une politique visant à acheter des joueurs vedettes pour faire venir les gens au stade et en tirer des bénéfices. La presse ne manque pas de définir le club comme étant « l’équipe des millionnaires ». Ce n’est cependant qu’au terme de la saison 1937/1938 que le club parvient enfin à accéder à la D1 grâce notamment au retour de Pierre Mallet (auparavant entraîneur mais qui a rechaussé les crampons) qui inscrit un doublé dans un match décisif face à Tourcoing (7-3).

La première saison de D1 se conclut sur une belle quatrième place favorisée par les bonnes performances de Jean Snella. Durant la Seconde Guerre mondiale, le club est, comme toutes les autres équipes non fédérales, relégué au rang amateur. Lors de la première saison d’après-guerre, l’ASSE se classe à la seconde position derrière le LOSC mais surtout s’installe durablement comme l’une des meilleures équipes du championnat.

Cependant, les problèmes financiers rencontrés par le club le font quasiment disparaître en 1950. Aidée par une aide de 10 millions de francs alloués par le conseil municipal, l’ASSE est sauvée mais doit changer sa politique. Jean Snella devient entraîneur, Charles Paret (ancien cadre de Casino) est chargé de structurer et de redresser financièrement le club, et Pierre Garonnaire, ancien joueur, occupe un poste de “scout”, chargé de repérer les meilleurs jeunes joueurs à travers la France. Cette nouvelle stratégie commence à porter ses fruits dès 1955 puisque le club remporte la Coupe Charles Drago, son premier trophée, mais surtout le championnat de France amateur en 1956, par le biais de sa réserve (de jeunes joueurs). L’équipe première remporte pour sa part son premier championnat en 1957 et connaît un succès populaire grandissant. Lors de la saison 1957/1958, les Verts participent à leur première Coupe d’Europe des clubs champions mais sont éliminés au premier tour par les écossais des Glasgow Rangers.

1962 – 1982 : La gloire verte

En avril 1961, Roger Rocher remplace Pierre Guichard à la présidence du club, à la demande de ce dernier. Si l’ASSE remporte la première Coupe de France de son histoire face au FC Nancy (1-0), le club est relégué en D2 à l’issue de la saison. Après une année durant laquelle les Verts écrasent la deuxième division, ils remontent en D1 et s’adjugent en 1963, un second titre de champion de France sous la houlette de Jean Snella, revenu dans la peau de coach. Ce titre signe le début de la “grande époque des Verts”. Après trois saisons compliquées, les Stéphanois remportent une nouvelle fois le championnat en 1967.

Albert Batteux, célèbre entraîneur du Stade de Reims, succède à Snella. Les résultats ne se font pas attendre puisque l’ASSE réussit, dès l’année suivante, le premier doublé Coupe-championnat de son histoire. En 1969, le club du Forez devient le premier de l’histoire à conserver son titre de champion de France lors de trois saisons consécutives. L’année suivante, il réalise même un triplé inédit Coupe-championnat-Gambardella, appuyant encore un petit peu plus leur domination nationale. Si tout se déroule pour le mieux dans l’Hexagone, les résultats sont bien moins bons en Coupe d’Europe. En 1971, après l’affaire Carnus-Bosquier (avec l’instauration des contrats à temps, Georges Carnus et Bernard Bosquier sont exclus de l’équipe de l’ASSE alors que les deux joueurs souhaitent rejoindre l’OM au terme de leurs contrats), du départ de nombreux cadres et d’une seconde saison blanche, Albert Batteux décide de démissionner.

Il est ainsi remplacé par Robert Herbin, capitaine des Verts fraîchement retraité. En 1974, avec une équipe des plus redoutables, l’ASSE réalise un nouveau doublé Coupe-championnat. L’année suivante, en plus d’un quatrième doublé national, “Sainté” connaît sa première épopée européenne en ralliant les demi-finales de la Coupe des clubs champions européens (ils y sont battus 2 buts à 0 par le Bayern Munich, futur vainqueur de la compétition). Lors de la saison 1975/1976, bien aidé par l’explosion de Dominique Rocheteau,  le club s’offre un troisième titre de champion de France consécutif mais surtout une nouvelle épopée européenne qui les amène en finale face au Bayern Munich. À Glasgow et à cause des célèbres “poteaux carrés”, les Verts sont une nouvelle fois battus par les allemands (2-0) mais acquièrent une sympathie énorme de toute la France. La fin des années 1970 est plus compliquée et Saint-Étienne ne parvient à ne “seulement” remporter qu’une Coupe de France.

Après le recrutement de Michel Platini en 1979, l’AS Saint-Étienne retrouve les sommets du championnat et s’adjuge son dixième titre de champion de France en 1981. Cependant en 1982, l’histoire avec “Platoche” se termine puisque, au sommet de son art, il rejoint la Juventus Turin.

1982 – 1998 : Avis de tempête dans le Forez

Après l’éclatement de l’affaire de la “caisse noire” (une grosse somme d’argent a été retenue par Roger Rocher sur les recettes de la boutique du club et des matchs de coupe d’Europe a permis à l’ASSE de conserver ses meilleurs joueurs) en 1982 qui précipite la démission du président Rocher, Paul Bressy est nommé à la tête du club en janvier 1983. Ce dernier ne fait pas long feu puisqu’il est remplacé dès le mois de mai par André Laurent qui nomme Jean Djorkaeff à la tête de l’équipe professionnelle. En conséquence de problèmes financiers, de nombreux joueurs cadres quittent le club qui est finalement relégué en D2 en 1984.

Saint-Étienne retrouve cependant l’élite à la fin de la saison 1985/1986 après avoir dominé la D2. Après cela s’en suivent de longues saisons en dents de scie sans titre et sans performances réellement notables. En 1993, la famille Guichard décide de reprendre les rênes du club par l’intermédiaire de Yves Guichard, petit-fils de Geoffroy Guichard. Jean-Michel Larqué est nommé manager général mais les résultats demeurent décevants. Yves Guichard démissionne et Michel Vernassa lui succède, Élie Baup est promu au poste d’entraîneur et les meilleurs joueurs sont vendus (le club étant toujours déficitaire). Le club finit finalement pas retrouver la D2 en 1996 après une avant-dernière place cette saison. La ville évite une nouvelle fois le début de bilan au club, qui décide de repartir sur de nouvelles bases :  Philippe Koehl devient président et installe Pierre Mankowski sur le banc. La saison 1996/97 est catastrophique puisque l’ASSE frôle la relégation en National et que l’emblématique président Rocher décède. Dominique Herbin revient comme directeur sportif à l’été 1997 et les Verts frôlent une nouvelle relégation, terminant 17è de D2. Tout est à reconstruire à la fin des années 1990 après une fin de décennie mouvementée.

1999 – 2008 : Instabilité à l’AS Saint-Étienne

Saint-Étienne profite de l’effet “Coupe du Monde” pour retrouver la D1 à la fin de la saison 1998/99 et terminent même 6ème la saison suivante. Cependant, l’affaire des faux passeports des brésiliens Aloisio et Alex (qui touche également les clubs de Strasbourg, Monaco et Metz) ébranle le club qui finit par redescendre en deuxième division. Il leur faut attendre 2004 pour retrouver la désormais Ligue 1, notamment grâce à l’entraîneur Frédéric Antonetti et à Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, qui rachètent le club la même année (et continuent de le renflouer financièrement parlant). Élie Baup revient sur le banc pour la saison 2005/06 mais le quitte de nouveau à la fin de cette dernière. Deux nouveaux entraîneurs se succèdent jusqu’en 2008 : Ivan Hasek puis Laurent Roussey, son adjoint. Malgré un “mieux” général, les Verts ne parviennent au maximum qu’à accrocher une cinquième place.

2009 – 2021 : Retour aux affaires pour les verts de l’ASSE

Qualifiés pour la Coupe UEFA à la faveur de leur 5è place, l’ASSE fait bonne figure en étant éliminé par le Werder en huitièmes de finale. Alain Perrin remplace Laurent Roussey et Damien Comolli arrive en qualité de directeur sportif. En championnat, une nouvelle 17ème place fait passer le club tout proche de la relégation. Alain Perrin est remercié et remplacé par son adjoint, Christophe Galtier. Deux nouvelles saisons compliquées s’amorcent pour les Verts. Le duo Caiazzo-Romeyer décide donc d’adopter une politique de recrutement de joueurs expérimentés et l’équipe termine à la 10è place (2010/11) puis à la 7è (2011/12). La saison 2012/13 est de très bonne facture puisque les hommes de Galtier terminent à la cinquième place mais remportent surtout une Coupe de la Ligue face au Stade Rennais (le premier titre depuis 1981).

La saison suivante, malgré le départ de Pierre-Emerick Aubameyang pour le Borussia Dortmund, est également bonne puisque l’AS Saint-Étienne se classe 4è (mais sont éliminés de la Ligue Europa dès les barrages). À l’issue d’un match de barrage totalement fou pour la Ligue Europa 2014/15, l’ASSE se qualifie cette fois pour la C3 mais tombent dès la phase de groupes. En championnat, les Verts dominent l’OL (3-0) pour la première fois à domicile depuis 20 ans et se classent de nouveau à la cinquième place.

L’équipe participe donc à sa troisième aventure européenne consécutive pour la première fois depuis 1982 et échoue en 16èmes de finale d’Europa League au FC Bâle. En Ligue 1, une nouvelle 6ème place la qualifie pour une nouvelle coupe d’Europe. Au terme de cette saison 2016/17, Christophe Galtier quitte le club et cède sa place à Oscar Garcia. Trois mois après le début de la saison et une défaite humiliante face à l’OL (0-5 à domicile), l’espagnol est débarqué et est remplacé par le tandem composé de Julien Sablé et de Jean-Louis Gasset (qui sera officiellement promu entraîneur lors de la 19è journée). Malgré un début de saison difficile, le club finit tout de même à la 7ème place du championnat.

Après une saison 2018/19 ponctuée par une très belle 4ème place, Gasset quitte son poste et Ghislain Printant lui succède. Après 8 matchs et seulement 2 victoires, le coach est démis de ses fonctions et Claude Puel prend la tête des professionnels.

En avril 2021, Roland Romeyer et Bernard Caiazzo annoncent la mise en vente de l’ASSE dans le but d’assurer la continuité et le développement du club.